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Couture des livres

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Le premier livre sorti aux édition Le Chant des Muses fut cousu à la main.

Ce fut vraiment intéressant de faire le travail entièrement manuellement, avec fils et aiguilles. On a appris beaucoup de choses. Et puis c'était sympathique. On se retrouvais à deux ou trois autour d'une table, un qui assemblait les cahiers, un autre qui les perçait pour préparer le passage de l'aiguille, le suivant qui cousait ...

Seulement voilà ... Pour 200 exemplaires du livre Tendresses Animales, ça nous a pris tout de même trois semaines à deux ou trois personnes, presque tous les jours. C'était bien pour un livre. Mais il fallait trouver une solution pour la suite.

Je me mets donc à chercher une solution qui reste artisanale mais qui nous fasse quand même gagner un peu de temps. Les machines à coudre les livres se révèlent hors de prix (du moins pour notre modeste bourse).

J'en parle à un ami et - je ne sais quelle mouche le pique - lors d'une balade en ville, il entre dans l'atelier d'une imprimerie et commence à parler avec un ouvrier. Il lui parle de couture de livres, du problème de temps qu'on a à tout coudre à la main, et voilà que celui-ci lui montre une couseuse qui dort depuis vingt ans au fond de l'atelier sous une épaisse couche de poussière blanche.

Il me raconte son aventure et aussi sec, nous voilà partis avec la voiture et les outils. Magali, la charmante gérante de l'imprimerie, nous fait un bon prix. On démonte la bête et on l'embarque. Quelques jours de montage et d'apprentissage plus tard, la voilà prête pour la production.

Sauf que ... son moteur est en triphasé et qu'à l'atelier, on à que du monophasé. Donc recherche interminable de moteurs ou de transformateurs. Mais tout ça coute cher. Alors ? Le même ami en parle a un bon mécano qui lui donne la solution : la manivelle.

Et voilà. C'est ça le progrés ! Même si notre fournisseur d'électricité s'effondre, nous, nous pourrons toujours coudre nos livres !